Bref historique de la démocratie

Un consensus situe l’origine de la démocratie à Athènes. Au Ve siècle avant notre ère, à Athènes l’on nommait démocratie une aristocratie, esclavagiste, machiste, xénophobe et partisane. C’est là aussi, qu’apparaît une corruption organisée, les péripatéticiennes, mais un siècle plus tard le populisme devient évident lors de la condamnation à mort de l’exemplaire Socrate. C’est le premier balbutiement de la démocratie que nous connaissons.

Il s’agit d’une démocratie directe réservée à une classe d’individus, les mâles de pure descendance athénienne. Solon limitera l’esclavagisme aux non électeurs et Clisthène ferra les manœuvres nécessaires pour étayer son pouvoir. Cette démocratie directe exclut les femmes, les métèques et les esclaves. Par contre, l’élite, les électeurs payaient un impôt spécial et devaient remplir bénévolement certaines charges publiques. Nous sommes loin de la démocratie actuelle.

L’aristocratie cède le pouvoir souverain et une grande part de ses privilèges, 23 siècles plus tard, suite à une révolution sanglante et fratricide, au XVIIIe siècle. La démocratie instaurée, à ce moment, a des formes qui nous paraissent aujourd’hui singulièrement restrictives.

L’esclavagisme a successivement été aboli, en France, par la même révolution. Il fut restauré par décret consulaire de Napoléon le 12 mai 1802, ensuite aboli progressivement, au fil des ans et enfin, bien plus tard, définitivement par le gouvernement provisoire de 1848.

Au suffrage censitaire a succédé un suffrage « universel ». Les femmes n’ont, en général, pas accédé à cette universalité du droit de vote avant le XXe siècle, soit encore un siècle plus tard.

Depuis vingt-cinq siècles, chaque élargissement de la démocratie a toujours été salué comme étant un pas, sinon le pas ultime, vers la perfection. Une très large bibliographie (1) salue chaque progrès. Mais aucun élargissement n’a été acquit sans mouvements réactionnaires i.

L’horizon mobilisateur (pour l’élargissement de la démocratie) apparemment simple et puissamment attractif, se maintient.

Il s’agit de l’appel, dans le sens même du terme « δημοκρτια – pouvoir du peuple », à la souveraineté du peuple, à la participation du peuple, à la démocratie, sans adjectif limitatif.

i Que ce soit Napoléon Bonaparte pour l’esclavagisme ou aujourd’hui encore Michel Koebel dans Le pouvoir local ou la démocratie improbable, et c’est bien dans ce sens que nous ressentons la politique budgétaire d’un secrétaire général du Conseil de l’Europe.

(1)

Blondiaux Loïc, Le nouvel esprit de la démocratie. Actualité de la démocratie participative, La République des idées. Éditions du Seuil, mars 2008. ISBN 978-2-02-096675-7

Falise Michel, La Démocratie participative, promesses et ambiguïtés, Édition de l’Aube, 2003 ISBN 2-876778-916-7.

Sintomer Yves, Le pouvoir au peuple, Jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative. Édition La Découverte, Paris, 2007. ISBN 978-2-7071-5148-3.