Les Conclusions du Forum de Frascati, septembre 1988

Concernant l’initiation aux langages de l’image et du son:

RÉSUME

Sous les auspices du Conseil de l’Europe, et dans le cadre de l’Année européenne du cinéma et de la télévision (AECTV), un forum s’est tenu à Frascati (Italie), du 27 au 29 septembre 1988, sur le thème de « L’initiation aux langages de l’image et du son et la formation des professionnels du cinéma et de la télévision », organisé par le Conseil de la coopération culturelle, avec le soutien actif du Comité directeur de l’AECTV.

Une soixantaine de participants (experts gouvernementaux, éducateurs, professionnels de l’audiovisuel et journalistes spécialisés) ont participé aux débats. Ceux-ci ont confronté des expériences nationales très diverses, des préoccupations communes se sont exprimées et des choix d’orientation se sont précisés.

Les conclusions complètes présentées sous leur responsabilité par les rapporteurs généraux aux participants se trouvent dans le document Decs/AC (88) 24 publié par le Conseil de l’Europe.

Le Forum de Frascati à été un événement déclencheur de la création de l’AEEMA.

« L’initiation aux langages de l’image et du son »

–         Au cours de ce forum, nous avons traité d’éducation, de formation, d’interactivité entre les publics et les créateurs européens. Nous avons parlé de diversité et non de perte d’identité culturelle ;

Nos travaux ont concernés trois sortes d’individus :

  • les enseignants et leurs élèves ou leurs étudiants ;
  • le grand public ;
  • les créateurs de messages audiovisuels ;

Révélant la richesse et la diversité des expériences nationales, la première journée a mis l’accent sur les préoccupations communes et les choix d’orientation à préciser. Il est apparu que.

–         l’initiation aux langages de l’image et du son demeure indissociable de l’éducation aux médias ;

–         cette éducation doit être intégrée dans la formation générale de l’individu et donc prise en compte par les systèmes éducatifs, les réseaux culturels et les télévisions ;

–         l’initiation aux langages de l’image et du son proprement dit suppose :

  • la formation des enseignants ;
  • la mise en place d’équipements adaptés aux structures de formation, au niveau, à l’âge des enseignés ;
  • la production d’un matériel didactique adapté aux besoins des enseignants et des enseignés ;

–         l’initiation aux langages de l’image et du son doit s’appuyer à la fois sur la lecture et l’écriture des signes, la connaissance et la pratique du vocabulaire, le maniement des outils et la découverte des techniques ainsi que celle de l’environnement et des œuvres ;

–         cette initiation, garante d’un niveau minimal du public et d’une réelle communication entre les professionnels, les créateurs et ce public, concerne tous les partenaires du cinéma et de l’audiovisuel . Mais autant il est important – et dans son intérêt – que l’industrie du cinéma et de la télévision participe financièrement, collabore au développement  de l’éducation à l’image, autant il est indispensable qu’elle confie aux seuls spécialistes de l’éducation et de la culture le choix des contenus et des méthodes de formation.

Parmi les propositions faites au cours des débats, ont été retenues :

  • la poursuite de l’enquête lancée par le Conseil de l’Europe afin d’établir un panorama plus précis de la situation dans les différents pays membres du Conseil de la coopération culturelle ;
  • la constitution d’un groupe de travail restreint en liaison permanente avec le Comité d’experts gouvernementaux pour le cinéma chargé notamment de réfléchir aux perspectives européennes ouvertes lors du forum de Frascati ;
  • la constitution d’un programme européen minimal commun d’initiation aux langages de l’image et du son établi à partir des expériences nationales et des propositions faites à Frascati.

Ce programme faisant apparaître :

–         l’importance de la collaboration entre tous les partenaires de l’audiovisuel : professionnels, enseignants, publics ;

–         l’importance des relations entre l’audiovisuel, les autres médias et les autres langages ;

–         la liberté laissée à chaque utilisateur du programme quant au choix de ses méthodes d’enseignement, dans le respect des objectifs communs : une meilleure communication entre les créateurs des messages individuels et les publics, une meilleure adéquation entre le message et le langage audiovisuel.